L’hypnose, c’est quoi ?

Cette question m’est posée suffisamment souvent pour que je souhaite y répondre plus largement ici. Je me la suis posée moi-même bien avant de connaitre l’hypnose en tant que patiente, il y a quelques années. Car autant la méditation que l’hypnose impliquent une certaine forme de concentration, souvent orientée vers un objectif précis. Je vais donc vous faire part de mon expérience personnelle, pratiquant plus souvent l’hypnose et l’auto-hypnose que la méditation.

Tout d’abord, commençons par une définition de l’hypnose : on assimile souvent l’hypnose à un état de profonde relaxation. Mais cela est très restrictif.
Car oui, on peut être relaxé sous hypnose, mais ce sont surtout les états de dissociation, de concentration et de suggestibilité qui constituent le cœur de l’état hypnotique.

Par exemple : lorsqu’on vit un évènement extrêmement traumatique, on tombe sous l’influence de son cerveau émotionnel à ce moment précis, puis on y reste.

Je reçois des personnes qui ont été traumatisées dans le passé et qui, des années plus tard, à sa simple évocation, réagissent émotionnellement de la même façon (larmes, panique, sueurs froides, terreur, bégaiement, paralysie) qu’au moment où elles étaient confrontées directement à l’évènement traumatique… Ce « revival » émotionnel est un phénomène purement hypnotique (et néfaste en l’occurrence) qui ne s’assimile en aucun cas à de la relaxation !

La plupart des émotions que nous éprouvons (peur, colère, dégoût, surprise, tristesse, bonheur) sont également des phénomènes hypnotiques qui engendrent des comportements purement instinctifs : rappelez-vous de la dernière fois où vous avez piqué une énorme colère, ou quand vous avez été terrorisé par quelque chose… ou êtes tombé amoureux… et à quel point, dans ces moments-là, vous êtes concentré, sous influence de votre émotion, et dissocié (= sentiment d’être en train de se regarder faire, parfois sans en croire ses yeux….). Ressentez l’énergie qui s’est emparée de vous alors…

La colère, par exemple, est très hypnotique. Elle concentre et rétrécit notre champ de vision et tous nos sens. Quant à notre cerveau analytique, il tombe immédiatement sous l’influence de cette émotion qui peut alors nous pousser à dire ou faire des choses inenvisageables en temps normal. 
Mais en dehors des émotions dites « de base », il est important de noter que l’état dépressif est également un état hypnotique en cela qu’il maintient la personne sous l’influence de sa souffrance morale. Concentrée sur elle et dissociée en revivant sans fin les épisodes de sa douleur. De même, une addiction qui maintient la personne en état de transe lorsqu’elle s’adonne à sa cigarette, ses écrans ou ses achats compulsifs.

Les personnes submergées par leurs émotions font d’excellents sujets hypnotiques. Et la meilleure façon d’influencer quelqu’un est de déclencher en lui des émotions puis d’en jouer. Toutes ficelles bien connues des religieux, politiciens et publicitaires, mais aussi des artistes talentueux et des personnalités charismatiques.

Les médecins et thérapeutes utilisent l’hypnose à divers degrés, parfois même à leur insu. Et lorsqu’un thérapeute vous demande de songer à un évènement récent ou une période de votre enfance, il vous encourage à vous dissocier, entre « ici » et « là-bas » (réminiscence). Et quand vous vous livrez, avec aisance, excellence et fluidité, à une activité (travail, art, danse, sport… ), vous atteignez un état de concentration naturelle et profonde, à une forme de plénitude, qui est très proche de la transe hypnotique.  

Donc, l’hypnose n’est pas qu’un état de relaxation, comme on peut le voir. L’hypnose est bien plus intéressante que cela !

A présent, parlons un peu de la méditation. Comme l’hypnose, orientée solution, la méditation de pleine conscience est très bénéfique car elle apaise l’excitation de l’amygdale, le « système d’alarme » de notre cerveau qui engendre les réactions de stress. Ainsi, la méditation apporte un sentiment pérenne de sérénité et de bonheur à ceux qui la pratique régulièrement (résultats des recherches menées par David Creswell – UCLA). Accompagnée souvent d’une transcendance spirituelle.
En revanche, elle peut être déconseillée à certaines personnes traversant des états d’anxiété aigue ou de dépression profonde et ne pouvant faire face au flot intérieur d’émotions qui les submerge alors. 

L’hypnose, utilisée à fins thérapeutiques, a un objectif psychologique et comportemental très précis. L’hypnose remet en mouvement la personne figée dans un schéma problématique et l’invite à se livrer à un mode de pensée « autre », à en faire l’expérience émotionnelle qui la détournera d’une addiction, d’une phobie ou d’un traumatisme. On utilise également l’hypnose pour déconnecter le circuit de la douleur ou optimiser les performances sportives.

La méditation va apporter apaisement et équilibre jour après jour, mais elle n’a pas pour objet spécifique de traiter la tabagie ou une phobie.

Et l’hypnose clinique n’a pas pour seul but d’atteindre la relaxation ou la pleine conscience, bien qu’elle puisse, bien entendu, en générer les effets.

Pour résumer, on peut dire que la différence entre l’hypnose et la méditation réside surtout dans ce que nous voulons en faire. Un peu comme l’alcool et le vin. Bien que parfois, il ne semble pas qu’il y ait une grande différence entre les deux au plan des effets  Le méditant traverse fréquemment des états hypnotiques et la personne en transe hypnotique ou auto-hypnotique fait l’expérience de moments de transcendance profonde.

Mais il semble clair qu’autant l’hypnose que la méditation peuvent conduire à la sérénité et au bonheur. 

L’utilisation judicieuse de l’hypnose change profondément le vécu des gens, en les libérant de schémas douloureux et du chaos émotionnel. 
En les remettant au contact d’eux-mêmes, de ce qui est bon et utile spécifiquement pour eux et eux seuls. En leur donnant accès à une vision plus claire et plus « panoramique » de leur place, de ce qui les entoure et des ressources qu’ils peuvent désormais déployer dans leur vie.

Nous utilisons l’hypnose pour aider les personnes à se détacher des émotions négatives et destructrices et envisager de nouvelles possibilités, plus vastes et plus heureuses (ne serait-ce que de ne plus avoir peur des araignées ou des dentistes !), à reléguer les traumas du passé au rang des (mauvais) souvenirs et à se préparer à vivre, dès à présent et dans l’avenir, autrement.

Quant à moi, en tant que praticienne, j’ai un immense bonheur à pratiquer l’hypnose au quotidien. 

Pour mon propre usage, ou lors des séances où je pratique en état d’auto-hypnose, comme l’ensemble des hypnothérapeutes (je crois bien !)… 


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