Arrêt du tabac

Il peut exister un lien émotionnel puissant entre la cigarette et « son » fumeur… puisqu'il est clair que dans cette relation, c’est bien la cigarette qui domine le fumeur. Fasciné par elle, il la veut "là, de suite et sans attendre", insensible au froid ou à la canicule et prêt à braver les éléments déchainés ou l’agitation de la rue lors des pauses cigarettes en extérieur. 

On peut dès lors faire une analogie avec le fameux "Syndrome de Stockholm" pour illustrer ce type d'attachement : la victime (le fumeur) développe confiance et sympathie vis-à-vis du preneur d’otages (la cigarette), allant jusqu’à manifester de l’hostilité envers les forces de l’ordre (le corps médical et ses recommandations) venues à son secours.

J’ai moi-même reçu un client, atteint d’un cancer des poumons qui fumait ses 2 paquets quotidiens. Je lui ai demandé ce que la cigarette représentait pour lui. Il a alors levé la main et serré les doigts : "c'est mon amie, elle me tient la main quand j'en ai besoin. Comment pourrais-je vivre sans elle ?"... aveugle au fait que ce genre de bonne amie l’a mené aux portes de l’hôpital. 

Fumeur ou non-fumeur, personne n’est à l’abri d’attachements toxiques : selon le besoin émotionnel non satisfait en nous, ou notre état de vulnérabilité, nous pouvons, toutes et tous, à un moment de notre vie, devenir dépendants d'une personne, d'un système, d’une hiérarchie ou même d’un passe-temps qui nous manipule et nous tyrannise, et trouver à la pression qu’ils exercent sur nous toutes formes d'excuses, remerciant la moindre miette de récompense ou de plaisir qui nous sera accordée… 

Non, personne n’est à l’abri, car dès le début de notre existence, la dépendance, nous l’avons bien connue et fréquentée en faisant, tout-petits, l’expérience du lien de dépendance absolue vis-à-vis de nos parents. Notre survie en dépendait ! Alors, plutôt que de culpabiliser de connaitre de nouveau ce type de mécanisme, pourquoi ne pas se responsabiliser et se dire que désormais, on est vraiment trop grand pour ça ?

Si vous êtes fumeur(se), vous pouvez vous autoriser à envisager la cigarette à la lumière de ces analogies. Et si cela résonne en vous, vous demander à quel besoin répond cette cigarette pour initier une telle dépendance émotionnelle : 
- Est-ce un besoin de rébellion, de vous démarquer, de vous affirmer ? un besoin de convivialité, de vous rapprocher, de vous assimiler ? un besoin de sécurité (via la mise en œuvre d’une habitude immuable) ? ou tout autre besoin qui vous est singulier ? 
- Comment pourriez-vous satisfaire ce besoin autrement ? 
- Et surtout, comment pourriez-vous utiliser, à votre bénéfice, l’énergie qui réside dans ce besoin ? Par exemple, s’il s’agit du besoin d’affirmation, n’est-il pas temps de dire « Stop ! » au système des multinationales du tabac qui vous tiennent ? si c’est le besoin de sécurité, la réponse adéquate pourrait-elle être le soin apporté à votre santé, votre bien-être et vos finances ? si c’est le besoin de contrôle sur votre existence qui vous anime, songez à la maladie qui assujettit au contrôle des médecins et de la douleur… songez au corps et au destin qu’on ne maitrise plus… 

Réfléchir à ces liens émotionnels, trouver des similitudes ou des divergences avec d’autres situations dans votre vie, permet d’apporter un éclairage différent sur la relation que vous entretenez avec cette cigarette et commencer à vous en distancier naturellement et sans effort.

Et ça, c’est déjà un énorme pas sur le chemin de la guérison :)


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