Confiance en soi

Comment s’y prendre lorsqu’on a besoin d’une « injection de confiance »

Lorsqu’on est triste ou en colère, on apparait triste ou en colère. De même lorsqu’on est heureux, on semble planer au-dessus de ses chaussures et on rayonne. Tout le monde sait cela. Et c’est un phénomène universel. Que l’on soit de culture occidentale ou asiatique, de quelque coin du monde et de quelque culture. Si l’on est triste, on a tendance à regarder par terre, notre corps parait se rétrécir, nos traits tirent vers le bas. A l’inverse, la personne joyeuse sourit, ses traits remontent, elle lève le nez. Elle s’ouvre. Lorsqu’on est en confiance, on a l’air confiant. Lorsqu’on a peur, on a le masque de la peur. Et on dégage de la peur. Emotion virale.

En d’autres termes, l’expression de notre visage et la posture que nous adoptons (langage corporel) sont des langages universels, originels, non acquis, et compris de tous. Y compris de certains animaux, en mesure de décrypter nos attitudes corporelles et expressions faciales.

Le langage universel de l’émotion :

Imaginez-vous dans un bureau, face à quelqu’un installé à son poste, les bras croisés derrière la tête, souriant et détendu. Imaginez la même scène avec quelqu’un au regard fuyant, bras croisés comme s’il voulait se protéger, comme recroquevillé sur lui-même. 

Dans un cas, vous pouvez vous dire, sans peur de vous tromper, que vous avez à faire à une personne en confiance, qui prend sa place. Dans l’autre, quelqu’un qui se fait tout petit. Qui aimerait tant être ailleurs… Les émotions que nous ressentons définissent nos postures. Mais pas seulement.

Exercice de simulation :

On peut se livrer à l’exercice suivant, baptisé « Le cocktail » : on constitue un petit groupe de gens et on les divise en binômes. A chaque personne on attribue une carte avec une émotion écrite dessus. Par exemple, la personne « A » aura « tristesse » écrit sur sa carte, alors que la personne « B » aura « confiance » écrit dessus. On leur demande de converser pendant un moment, à parler de tout et de rien. Mais en explorant les expressions faciales et corporelles propres à l’émotion marquée sur leur carte. 

Au bout de quelques minutes, on demande à chaque personne d’échanger sa carte avec son binôme tout en conservant la même posture que précédemment. On aboutit à ce que la personne qui jouait le rôle de la tristesse continue à sembler triste tout en tentant à présent de transmettre la confiance. Et que la personne qui jouait la confiance tente de transmettre la tristesse tout en continuant à sembler confiante. L’exercice tourne vite à l’hystérie générale !

Il en résulte plusieurs choses : tout d’abord, les cobayes déclarent ressentir vraiment les émotions qu’ils sont censés jouer en tout premier lieu. Les personnes devant jouer la tristesse commencent à se sentir vraiment tristes et négatives, alors que les personnes devant jouer la confiance ou la joie ou la colère commencent à ressentir vraiment ces émotions à l’intérieur d’elles-mêmes. Ensuite, il leur est impossible, après l’échange des cartes, de continuer à maintenir la posture précédente, tout en essayent d’être dans la nouvelle émotion : de rester confiant tout en transmettant la tristesse ou la peur, par exemple. 

Ainsi, il semble que notre posture physique dépend de ce que nous ressentons.

Comment notre posture peut influencer nos ressentis :

Mais cela fonctionne dans l’autre sens aussi : la façon dont nous nous tenons peut aussi modifier ce que nous ressentons. 

Des chercheurs se sont penchés sur la question suivante : peut-on influencer les émotions des gens en leur demandant de se tenir d’une certaine façon ? La réponse est : oui !

Par exemple, lorsqu’on demande aux gens de sourire de façon « artificielle » (en leur collant même un crayon entre les dents pour s’assurer qu’ils gardent bien le faciès), ils rapportent qu’ils se sentent mieux et plus enthousiastes ensuite. Il semble donc que la rumeur selon laquelle mettre ses muscles du sourire en action pour un plus grand bien-être soit fondée.

Le jeu des hormones :

Le rôle joué par les hormones est très puissant. On observe que les hommes et les femmes qui ont confiance en eux ont un niveau de testostérone plus élevé et un niveau de cortisol (hormone du stress ou de la peur) plus bas.

Et que la façon dont on se tient peut augmenter notre niveau de testostérone et abaisser notre niveau de cortisol.

D’où la posture de pouvoir ou conquérante (« power pose » en anglais). Etudiée par la psychologue sociale Amy Cuddy (Harvard Business School), cette posture adoptée pendant 2 minutes élève le niveau de testostérone de 20% : debout, bien droit, tête dégagée, bras largement ouverts ou au-dessus de la tête, comme dans une position de victoire. 

L’hormone testostérone est associée à la confiance, à la domination sociale. Le cortisol, a contrario, baisse naturellement dès que la posture de pouvoir est adoptée. On respire mieux. On clarifie ses idées. 

Ceci a été analysé grâce à des échantillons de salive prélevés sur les cobayes avant et après l’exercice.

La psychologue demanda à ses cobayes de se soumettre à un entretien d’embauche face à des personnes impassibles, voire hostiles. 

Elle constitua deux groupes : l’un ayant adopté la posture de pouvoir avant l’entretien. L’autre à qui elle demanda, au contraire, de s’avachir pendant quelques minutes. Les entretiens furent filmés. Des témoins regardèrent les vidéos et dirent tous la même chose : qu’ils recruteraient les cobayes du premier groupe ! Et les décrivirent comme des personnes « en confiance, passionnées, enthousiastes, captivantes, intéressantes, authentiques ». Quel résultat sidérant…

Ce que j’en conclue :

Depuis que je sais tout ceci, je fais attention à la façon dont je me tiens. Ma posture devant mon écran ou penchée sur mon téléphone. Car je sais que la façon dont je me tiens a de fortes chances d’influencer mon humeur durablement.  

Il peut être intéressant de pratiquer la position de pouvoir quand on sait qu’on va devoir être confronté à une situation à risque au plan social, un entretien difficile, un moment où l’on sait que l’on sera jugé et où le trac se met en place : entretien d’embauche, premier rendez-vous amoureux, prise de parole en public, conversation avec une personne que l’on sait difficile ou compliquée, évènement où l’on rencontre des gens nouveaux, un premier jour au travail, etc…

Avant l’évènement, aller dans un endroit où personne ne vous voit (les toilettes par exemple) et se tenir debout, bien droit, la tête bien dégagée, les bras ouverts ou dressés ou campés sur les hanches, tout en mimant l’expression de la personne la plus confiante au monde que vous puissiez imaginer. Souvenez-vous que ces quelques minutes vont permettre à votre testostérone d’augmenter et à votre stress de baisser. 

Ensuite, lorsque vous êtes dans l’évènement, rappelez-vous de garder la tête bien dégagée et le corps en position d’ouverture. Ce qui facilite aussi une bonne prise d’air respiratoire. Et observez à quel point vous vous sentez plus à l’aise…

Le corps peut vraiment influencer l’état d’esprit. Il faut en profiter !


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